Exposition Déter
L’exposition « Déter, résurgences de données enfouies pour les générations futures » présente des objets visuels relatant l’historique et les enjeux du projet StocaMine. Une restitution d’enquête des 15 étudiantes et étudiants de l’année 4 de l'atelier de Didactique visuelle autour du stockage souterrain de déchets ultimes de l’entreprise StocaMine sous la plus grande nappe phréatique d’Europe.
Comment montrer les aspects invisibles du Rhin et en proposer une lecture inédite ?
Comment révéler tout ce qui échappe au regard humain du présent, qu’il s’agisse des processus écologiques sous-jacents, des interactions invisibles entre les espèces, des connexions souterraines, ou encore des impacts humains et environnementaux que l’on ne perçoit pas à première vue ?
StocaMine a été créée en 1991 afin de reconvertir une ancienne mine de potasse d’Alsace. Elle a été transformée en un stockage de « déchets ultimes » à environ 500 mètres de profondeur, à Wittelsheim. Le projet avait pour objectif de stocker des résidus industriels dangereux, notamment des produits chimiques et des métaux lourds, en grande partie issus des industries chimiques et métallurgiques. 42 000 tonnes de déchets ont ainsi été enfouies dans ce qui devait être un stockage temporaire, en attendant une solution plus pérenne. En 2003, suite à un incendie durant deux mois dans l’une des galeries, l’entreprise d’enfouissement fut définitivement arrêtée.
StocaMine est situé sur une zone à risques sismiques mais aussi à proximité de la nappe phréatique rhénane, la plus importante de France et d’Europe. Selon l’Aprona2, elle alimente notamment 5,6 millions de personnes en eau potable. Un effondrement des galeries causerait une fuite pouvant atteindre la nappe phréatique. Les géologues avertissent sur l’inéluctabilité d’une telle contamination.
Dans l’objectif de visualiser et transmettre la complexité du sujet et à l’appui des expertises de Frauke Bünde, Marcos Buser, Serge Dumont, Yann Flory, Johannes Güntert, Thibault Vetter et François Zind, quinze étudiants et étudiantes de l’atelier de Didactique visuelle de la HEAR ont articulé leurs enquêtes en cinq stations thématiques. Chacune d’entre elles utilise des formes propres pour relayer en français et allemand l’une des problématiques auxquelles cette histoire nous confronte :
– Pourquoi et comment a-t-on transformé une ancienne mine en lieu de stockage de déchets ultimes ? L’aspect documentaire.
– Comment se constituent et se comportent les sous-sols ? Les notions de géologie.
– Pourquoi ce sujet est d’ordre transfrontalier ? La nappe phréatique sous la plaine rhénane.
– À qui appartient la nature ? Le développement du droit des générations futures.
– Comment nos sociétés pensent les déchets aujourd’hui ? L’enjeu des cycles de production.
Enseignants
Étudiants
Élisa Alvarez-Caraire, Giuliano Alzerreca, Laura Bailly, Ombeline Chaumont, Evaelle Clerson, Garance Coppens, Lucile Desmarestz, Inès Dubreuil, Anna Ferry, Lucie Monier, Noémie Oury, Chloé Pesnec, Klara Rosatti, Émilia Rosset, Iona Sagnelonge
